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Aujourd’hui suite et fin de notre Ode a Jakarta, ou la detestable capitale des ennuis et tracas. Alors que
retient-on apres quelques semaines sur place ? Les bons et les mauvais cotes qui ressortent de cette nouvelle immersion dans la capitale indonesienne. (Se referer aux articles precedents
pour les 2 premiers episodes de ce qu’on appelle pompeusement ici une « trilogie ».)
L’embellie GPS ! L’embellie, parce que sans GPS, impossible de partir un peu a l’aventure, de conduire soi-meme la voiture (ceci après avoir verse un petit backshish aux autorites locales pour le permis) et de decouvrir Jakarta sans peine et sans se perdre dans le traffic (*).
D’autres bonnes surprises moins fonctionnelles, comme ces crepes/pancakes vertes avec une bosse qu’on achete pour 1000 roupies (5 cts d’euro) dans la rue, la couleur fluo doit avoir bien du succes chez les enfants, et meme si ca n’a pas beaucoup de gout, c’est quand meme pas mauvais, et la forme et la couleur valent le coup (quelqu’un connaît le nom indonesien ??? Please ?). Ou la citronnelle dont on fait une tisane pour le soir, un gout delicieux et une bonne nuit de sommeil assures. En plus ca pousse dans le jardin, et on laisse l’eau s’en empreigner pendant… une heure et demie !
La rencontre avec les enfants, toujours un grand moment de rire, ce groupe venant de Bogor avec qui on sympathise et qui recite les quelques phrases d’anglais qu’ils connaissent what’s your name Mister ? My name is Fikri! Where you from Mister ?, echanger des high-five et des serrages de main a n’en plus finir et se quitter comme les meilleurs amis du monde. Et bien sur, les voyages, decouvrir des coins plus recules, des paysages fantastiques, mais ca ce sera l’objet d’articles tout entiers. Revoir les siens et avoir des discussions improbables avec les locaux, en bahasa, en chinois, en anglais, en francais. La bonne humeur et le sourire sont des valeurs qui comptent encore en Indonesie.
Et puis toujours plus d’etonnantes decouvertes, comme ces batiments art-deco du centre de Bandung conserves depuis les annees 50 et sa fameuse conference des etats non-alignes, ses factory outlets et sa mosquee noire de monde pour le nouvel an musulman, ou plutot blanche de monde, de la couleur de toutes ces dames qui avaient sorti leur plus beau foulard blanc pour l’occasion. La route pour s’y rendre traversant montagne et rizieres en escaliers qui n’ont absolument rien a envier a celles que des millions de touristes se pressent pour voir a Bali. Cet avertissement sur le billet d’avion Garuda Indonesia en bahasa et en anglais Say no to drugs ! Cette matinee ou le muezzin chanta des prieres pendant plus de 3 heures sans discontinuer dans la mushollah voisine. Cet helicoptere russe de sauvetage en mer immatricule a Vladivostok qui trone a cote du Boeing a l’aeroport de Makassar (Sulawesi), arborant un drapeau russe et des inscriptions en cyrillique.
Cette manifestation devant
l'ambassade americaine qui rassemble 100 000 personnes dans les rues de Jakarta pour la Palestine avec drapeaux et corteges pour defendre un pays situes a des milliers de kilometres.
Paradoxe avec le soutien officieux a Barack Obama, vu comme une possibilite de rapprochement avec l'Amerique, et qui a vecu dans le quartier de Menteng pendant 4 ans dans son enfance.
Une visite officielle serait dans les tuyaux et l'accueil sera probablement d'une ferveur exceptionnel pour celui dont la mere remaria un Indonesien.
Le contraste des rues du Nord de la ville ou certains vivent dans des baraquements sur pilotis, Muahar Baru ou les practices de golf en plein centre ville ou bien ces quartiers de villas pour
riches dont certaines font presque la taille de la Maison Blanche. Enfin ce quartier repute chaud ou les gens vivent directement sur la voie ferree avec bars, bordels et restaurants. Chacun
deguerpit gentiment au passage d’un train, sur le toit duquel sont juches des centaines de personnes avec un billet hors-classe (sur le toit, pas de
controlleur !).
Enfin la derniere image qu’on retient, c’est forcement cette vue finale en avion ou on se rend compte des tourments qui attendent Jakarta a l’aube d’un siecle qui sera necessairement marque par les catastrophes environnementales, la montee des eaux et le rechauffement climatique. Comment Jakarta et l’Indonesie pourront faire face a ce defi ? Sur une ile comme Java, ou une ville comme Jakarta construite sur une mangrove, ou les immeubles s’enfoncent, ou il est impossible de forer le sol pour batir un metro souterrain tellement le sol est poreux ? Comment faire face aux inondations qui s’annoncent quand a l’œil nu on peut constater les catastrophes que causeraient une brusque (ou meme une lente et irremediable) montee des eaux ? Ajoutez a ca le defi de la circulation automobile, de l’immobilier, et de la demographie galopante et c’est le cocktail explosif de maux de tetes que les dirigeants indonesiens auront a faire face pour les annees a venir. Dans un pays repute pour son absence totale de planification, culturellement « planifier » ne fait pas partie des activites du javanais. La vie est concue comme une serie d’evenements bons ou mauvais. Esperons pour eux qu’ils trouveront les solutions pour conserver cette langue de terre, ce chapelet d’iles volcanique, montagneuse, parfois sauvage, parfois sur-urbanises, mais toujours plein de surprises, decouvertes et chaleur humaine.
(*) S’il y a des expats interesses, le magasin qui les vend est au 3eme etage du Ratu Plaza sur Sudirman, un GPS Mio (taiwanais), ca coute 3M de roupies, couvre tout Java, Bali, Singapour, la Malaise et la Thailande. Life-saving !
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